Introduction du document de réflexion

 

Réflexion sur le réseau de transport inter-rives Québec-Lévis

en date du 23 février 2022

Michel Maranda

 

Un projet intégré des deux rives de 1 milliard $ en 2015, converti en différents projets pour 14 milliards $ en 2021…Toute une saga!

Afin de réduire les problèmes de congestion automobile pour les régions de la Capitale Nationale et Chaudières-Appalaches, un comité d’experts, avec des représentants des villes, propose en 2011 un réseau intégré Service Rapide par Bus (SRB) avec une interconnexion pour les réseaux de transport de chaque ville à Sainte-Foy. Un premier projet a fait l’objet d’une étude de faisabilité en 2015 avec différentes options. Celle qui avait alors été retenue par les parties prenantes est un SRV flexible qui pourrait être converti en tramway une dizaine d’années plus tard : coût 1G$ pour 30 km de voies spécifiques aux autobus. Wow il y avait un consensus et l’idée d’avoir un tunnel était alors superflue.

Toutefois, les maires de deux villes ne s’entendaient pas sur cette fameuse interconnexion à faire à Sainte-Foy et sur le partage des frais de ce nouveau réseau de transport. Selon le maire de Lévis, la ville n’a pas la capacité financière pour un tel projet et ne récoltera pas suffisamment de bénéfices.  En fait, il ne veut pas payer le 10% que le gouvernement demande.

Le maire de Québec de l’époque, Régis Labeaume, veut aller de l’avant pour améliorer son transport en commun et l’intégrer au mégaprojet immobilier « Le phare ». Il est prêt à payer 10% des coûts pour son projet. On sait bien qu’aujourd’hui, en 2022, Québec a démarré le projet de Tramway avec un budget de 4,3 G$, financé principalement par les gouvernements.

Du côté de Rive sud, en 2015, le maire de Lévis et la chambre de commerce proposent une modernisation du transport en commun mais surtout, la construction d’un pont-tunnel entre la Rive-sud et la côte de Beaupré pour solutionner le problème de congestion sur les deux ponts et, évidemment, pour favoriser le développement économique de la Rive-sud.

La CAQ s’est intéressé à ce fameux projet de tunnel, estimé initialement à 4G$ entre Lévis et Beaupré : 7,8 km avec 2 tubes de 15,1 mètres de diamètre.  En 2019, la CAQ fait du projet du troisième lien un enjeu électoral car la majorité des citoyens de Lévis et Québec sont en accord avec cette solution.  Évidemment, la CAQ indique qu’il n’est pas question de mettre un péage pour traverser le tunnel.  Donc, un projet populiste pour récolter davantage de votes lors des prochaines élections.

Finalement, après analyse, la CAQ propose plutôt un tunnel entre les deux centres-villes afin d’y intégrer tant le transport en commun que les automobiles. Projet estimé de 7 à 10G$ pour un tunnel de 7,8 km avec un seul tube de 19 mètres de diamètre, soit le plus gros au monde.

Et aujourd’hui, en février 2022, après les pressions des partis politiques, la CAQ a décidé de revoir le projet du tunnel en réduisant sa grosseur et probablement, d’autres éléments majeurs. 

Le tunnel, une solution temporaire pour une problématique complexe

Logiquement, avant de proposer des solutions, il faut comprendre les problèmes, les analyser, proposer différentes avenues de solutions avec leurs coûts/bénéfices et leurs impacts à court, moyen et long terme. Pour faire un tel exercice, il faut avoir l’esprit large, être créatif et s’entourer de personnes compétentes dans le domaine. Pas nécessairement se baser principalement sur l’opinion publique et politique.

A prime abord, il faudrait aussi connaître la vision du gouvernement concernant la pérennité des 2 ponts actuels et leur remplacement éventuel. Le pont de Québec, ouvert aux trains en 1918, représente un élément critique considérant qu’il est le seul lien ferroviaire reliant les deux rives.  Quant au pont Pierre-Laporte, datant de 1970, il nécessite déjà des travaux majeurs d’entretien qui entrave depuis quelques années de façon importante la circulation.

Il faut donc nécessairement prévoir un plan de remplacement. Pour ce faire, il faut déjà prévoir construire un nouveau pont pendant que les deux existants sont opérationnels. On ne peut envisager de fermer un pont pour le rebâtir et transférer les automobiles et camions dans un éventuel tunnel au centre-ville : congestion garantie pour une longue période ! De plus, le pont de Québec doit demeurer ouvert pour assurer le lien ferroviaire. Alors, quelles sont les options :

  •   Prévoir immédiatement l’emplacement de ce nouveau pont, entre les deux existants ?   
  •   Conserver le pont de Québec le plus longtemps possible avec uniquement le lien ferroviaire et aménager les 3 voies actuelles pour les autobus, les véhicules d’urgence, les cyclistes, les motocyclistes et les piétons.
  •    Bâtir le nouveau pont avec des voies réservées aux autobus et aux camions…          

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Réflexion sur un troisième lien entre Québec et Lévis